Hélène Fleury, Artiste peintre sculpteure

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La construction du moi

          Tout le monde est à la recherche du bien-être. Que ce soit par l'amour, le pouvoir, le plaisir, la sécurité, le confort, la beauté, la santé etc. Cette recherche pour quelque chose de meilleur vient nécessairement de l'impression d'un manque. On constate aujourd'hui que notre société, qui semblait prometteuse d'une certaine joie de vivre grâce au confort, n'a jamais compté autant de cas de dépression. Il y a par conséquent un foisonnement de techniques de développement personnel qui ont pour but de se sentir mieux. Beaucoup sont efficaces, mais on constatera que les effets sont passagers car toute approche qui vise à me sentir mieux travaille essentiellement sur les symptômes alors que  la racine du problème, c'est "moi", qu'on appelle aussi l'égo.
Cette affirmation peut paraître tout à fait inacceptable et excessive, c'est pourtant simple.
        La nature de ce "moi", qu'on tente d'améliorer tout au long de notre vie, est rarement questionnée. Le petit bébé qui vient au monde n'a pas conscience d'être "moi" séparé du monde. Puis survient un moment où est enregistré dans la mémoire l'image de la mère et il commence à la chercher quand elle disparaît. Ces images qui se figent dans la mémoire sont le début de "mon" histoire, de "moi". C'est le début de l'impression de coupure, de manque, de séparation. Seul l'humain a la capacité de mettre des événements en mémoire et de pouvoir ainsi projeter un futur. Cela crée de grandes choses en science et en technologie, mais c'est aussi un cadeau empoisonné. Car une fois qu'il se perçoit comme un être séparé, il y a tout à coup: le bébé sans défense et LE MONDE. Cela crée un stress, une contraction qu'on essayera de soulager tout au long  de notre vie, consciemment ou pas. Cette contraction est un mécanisme de défense qui vient de la peur. Pour assurer sa survie,  "moi" devra se conformer ou s'opposer à ce qui est exigé de lui par le monde extérieur. Ainsi commenceront à naître des stratégies inconscientes qui coloreront toute l'histoire du personnage, de "moi", à un tel point que je serai convaincu que je suis ces conditionnements. J'irai jusqu'à les défendre.
        Dans une approche sérieuse de l'Ennéagramme, on appelle ces conditionnements: fixations de caractère. Le caractère est plus profond que la personnalité qui elle, s'adapte facilement à de nouvelles circonstances. La fixation est un masque bien collé à la peau qui s'est construit pour négocier avec le monde.
        L'Ennéagramme, dont l'origine est ancienne, est à la base de très nombreuses grilles d'analyse contemporaines de la persona, du moi, de l'égo. C'est un outil puissant qui peut me permettre de voir à quel point l'autre a créé un univers différent du mien pour assurer sa survie et me permettre de voir que ces mécanismes ne sont pas des choix délibérés, ni pour l'autre ni pour moi. Il n'y a plus de blâme ou d'accusation possible.
         Grâce à la connaissance des structures de l'égo, il est enfin possible de comprendre ce qui anime l'autre, ce qui m'anime aussi. Je peux arrêter de tout prendre personnellement. Les jeux de l'égo sont si simples quand ils sont mis à jour. Vivre en relation avec les autres devient plus facile, plus intelligent, passionnant.
            Et, si on pousse plus loin, il est possible de se rendre compte éventuellement que, aussi bouleversant et convainquant soit-il, ce prodigieux scénario n’est réellement qu’une histoire inventée. 

Hélène Fleury

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